Les innovations à l’étude

Smart Périgord a pour objectif d’imaginer ce que sera notre modèle énergétique de demain. Dans cette optique, il  expérimente les nouvelles techniques et les nouveaux services de production, de stockage et de gestion de l’énergie, mais aussi d’éco-mobilité et d’usage intelligent de l’éclairage public. Dans tous les cas, ces innovations doivent être au service de l’humain, en répondant aux besoins d’usages par de nouveaux services.

 

Production d’énergies renouvelables

Le soutien au développement des énergies renouvelables doit permettre le développement de systèmes énergétiques décentralisés sur le territoire départemental.

Encore peu exploité, le secteur photovoltaïque fait l’objet d’un développement privilégié. Il s’agit notamment d’équiper les bâtiments (bâtiments publics, parc social, bâtiments d’entreprises et exploitations agricoles) en tenant compte des contraintes existantes (monuments historiques en zones protégées, contraintes liées au raccordement au réseau électrique…).

La petite hydroélectricité constitue également une piste sérieuse de valorisation des ressources hydrauliques du département. Elle permet une production d’énergie renouvelable avec un bon rendement (75% environ), un faible coût de maintenance et d’exploitation. L’étude porte sur des turbines à rotation lente ou des hydroliennes fluviales.

Le secteur de la méthanisation et de la biomasse recèle également un gros potentiel en Dordogne et constitue une des priorités à mettre en avant.

Ces travaux se font en partenariat avec la SEM 24 Périgord Energies, compétente pour porter des opérations de production d’énergies renouvelables.

Stockage et pilotage de l’énergie

Dans un modèle énergétique reposant sur les renouvelables et le rapprochement de la production et de la consommation, le stockage et la gestion des flux d’énergie constituent des enjeux majeurs. En effet, la production est intermittente et ne coïncide pas dans le temps avec les périodes de consommations.

Parmi les technologies à déployer, le vecteur hydrogène présente des spécificités particulièrement intéressantes du fait de sa polyvalence, et des différentes possibilités de réutilisation à partir de l’énergie électrique produite en surplus par les énergies renouvelables. L’hydrogène permet de stocker de l’énergie pendant plusieurs mois dans une bombonne couplée à un électrolyseur réversible qui stocke puis libère l’énergie par une réaction chimique inverse. L’hydrogène peut également être réinjecté dans le réseau gazier (à proportion de 20%), ou bien valorisé dans des applications liées à la mobilité.

D’autres solutions sont à l’étude, telles que le stockage en batteries sur des durées courtes, ou encore l’adaptation de la consommation aux périodes de production.

Ce dernier point fait appel à des techniques de pilotage de réseaux d’énergie, smart grids.

Qu’est-ce qu’un smart grid ?

Ce terme désigne les réseaux d’énergie dotés de fonctionnalités issues des technologies digitales, à l’image de capteurs permettant de relever les données en temps réel sur le réseau, mais aussi de l’utilisation de la blockchain pour gérer les transactions d’énergie.

Le but de la constitution d’un tel réseau « intelligent » est d’assurer l’équilibre entre l’offre et la demande d’énergie à tout instant et de fournir un approvisionnement sûr, durable et compétitif aux utilisateurs. Le système électrique est ainsi piloté de manière plus flexible pour gérer les contraintes telles que l’intermittence des énergies renouvelables et le développement de nouveaux usages tels que le véhicule électrique.

Un tel système de pilotage, couplé à l’autoconsommation, amène logiquement au concept de « microgrid », ou micro-réseau, terme qui désigne un réseau énergétique de petite taille pouvant opérer en autonomie ou en conjonction avec le réseau principal du secteur.

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Vers l’autonomie énergétique des territoires

La loi Transition Energétique pour la Croissance Verte d’août 2015, a ouvert la possibilité de développer des systèmes d’énergies autonomes, reposant sur l’autoconsommation.

La baisse attendue du coût de production des énergies renouvelables conjuguée à la hausse prévisible des prix de vente de l’électricité en favoriseront le développement.

Les projets d’autoconsommation préfigurent le partage de flux énergétiques entre producteurs et consommateurs à plusieurs échelles : bâtiment, ilots urbains, quartiers, villages… au sein des micro-grids. En effet, le cadre règlementaire s’ouvre à de nouvelles formes d’organisation, qui peuvent structurer des réseaux d’acteurs.

Ainsi se dessine un modèle où les habitants, producteurs et/ou consommateurs, se réapproprient la question de l’énergie.

Nouveaux usages de l’éclairage public

Le SDE 24 est gestionnaire du parc d’éclairage public) de la quasi-totalité des communes de la Dordogne (environ 75 000 points lumineux) par transfert de compétence.

Le développement de la LED, qui se généralise dans le renouvellement ou l’extension du parc, ouvre la voie à de nouveaux usages de l’éclairage.

En effet, la lumière s’avère un mode de transmission de l’information  plein de potentiel

Communication par la lumière visible (Visible Light Communication – VLC)

Ce terme recouvre plusieurs technologies, dont le Li-Fi (Light Fidelity).

Un mât doit être équipé d’un éclairage LED et d’un routeur. Ce routeur transfert l’information vers une commande de lampe qui va faire clignoter l’ampoule LED (compatible Li-Fi) à très haute fréquence, de sorte que les clignotements soient imperceptibles à l’œil humain. Un récepteur amplifie puis traite ce signal afin de le traduire en information utilisable par les outils connectés des usagers (smartphone, ordinateur portable).

Les applications de cette technologie sont récentes. Si les utilisations en intérieur (gares, centres commerciaux, musées …) se développent, les applications extérieures utilisant l’éclairage public sont tout à fait expérimentales.

L’objectif du SDE 24 est de créer de nouveaux services et usages à partir de cette technologie, en l’expérimentant sur des points précis. Il pourra s’agir par exemple d’envoyer de l’information touristique ou relative à l’actualité de la commune.

En l’état des offres présentes sur le marché, la plupart des produits proposés ne peuvent que transmettre de l’information et non en réceptionner depuis les terminaux. Un tel système peut être utilisé pour de la géolocalisation, pour transmettre une information spécifique au lieu du candélabre, mais pas pour naviguer sur la toile. De plus, les terminaux existants sur le marché nécessitent un dongle (récepteur spécifique).

Mais l’évolution rapide de cette technologie et son potentiel font que les futures générations de smartphones permettront l’accès à la VLC.

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Source de l’image : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:LI_Fi_liting_wireless.png